Énoncé de mission de
Pierre Dépôt
riverain du Lac Bowker

La plupart de ceux qui sont venus s'établir près d'un plan d'eau étaient au départ à la recherche d'une certaine qualité de vie, d'un dépaysement, mais surtout, d'un échappatoire face au stress croissant d'une urbanisation en développement. Nous y sommes venus pour admirer les paysages montagneux, jouir du silence paisible qui règne sur un lac dont les rives boisées ne laissent dissimuler la présence de qui que ce soit. Nous y sommes venus à la recherche d'air sain, pour «sentir» une différence par rapport à l'atmosphère urbaine gazéifiée par les automobiles individuelles. Mais surtout, nous y sommes venus pour l'EAU PROPRE, pure à 100%, et qui n'a rien d'une «boisson gazeuse».

Au départ, la majorité d'entre nous étions des amateurs de sports de plein air non motorisés. Ceux qui ont hérité de la propriété de la génération précédente savent très bien que nos grands-parents jouissaient jadis d'un bien-être que nous avons maintenant perdu. Nos aînés n'avaient pas le choix d'utiliser «la propulsion musculaire» pour se déplacer sur l'eau. Mais en retour des efforts imposés pour se déplacer sans moteur, sans le savoir, ils jouissaient par ce moyen de locomotion d'une chose fondamentale dont la motorisation à outrance nous a dépossédée: la sainte paix.

La vie au bord de l'eau s'est peu à peu dégradée. Les embarcations non bruyantes, non polluantes, et ayant le mérite de favoriser une «réelle activité physique», ont graduellement cédé la place aux engins à moteur dont l'inutilité n'avait d'égal que le désagrément qu'elles pouvaient engendrer.

Ainsi les canots, kayaks, planches et bateaux à voile, chaloupes à rame, pédalos, pour ne nommer que ceux-là, n'ont plus préséance. Les moteurs hors-bord ou «in-board», toujours plus gros et plus puissants, ont pris le dessus. Et plus récemment, la tapageuse motomarine a fait son apparition. À noter que cette dernière était pour ainsi dire encore absente des plans d'eau il y a 15 ans.

Comme vers une lente et graduelle descente aux enfers, la qualité de vie que nous avions s'est effritée. L'air frais et l'eau pure sont choses du passé.  Le silence d'origine, auquel venait s'ajouter des doux bruits naturels, tel celui du vent, du clapotis des faibles vagues sur le rivage qu'il engendre, du chant des oiseaux, est à toutes fins utiles disparu de nos belles journées d'été.

La mode est maintenant au «m'as-tu vu avec mon gros moteur». Nous assistons à une course où chacun tente d'impressionner son voisin avec un bateau plus imposant et un moteur plus puissant, dans le but inavoué de montrer «qu'il a réussi dans la vie». Par ces considérations pour le moins futiles, nous avons par le fait même oublié l'essentiel: le bonheur véritable est dans la nature et il est immatériel.

Ce bonheur réside en ces choses qui ne s'achètent pas, qui ne sont pas cotées en bourse, et qu'aucun indicateur économique tel le «Dow Jones», n'est capable de mesurer. Ce bonheur est dans la nature intacte, et il se caractérise par le respect entres humains civilisés des droits fondamentaux de chacun au silence, à l'eau et à l'air pur.

Or la mission de Pierre Dépôt, riverain du Lac Bowker, est justement de veiller aux respect de ces droits qui ont été graduellement bafoués au cours des ans. Suite à de multiples consultations auprès de la population ayant droit de vote et étant concernée par la qualité de l'environnement du Lac Bowker, je me suis donné pour objectif de faire interdire les embarcations à moteur à essence sur ce lac. Plus globalement, j'ai aussi pour objectif d'obtenir une stratégie de protection des sources d'eau potable, incluant des périmètres de protection autour de la prise d'eau de Valcourt.

Le processus menant à l'interdiction des embarcations motorisées est parfaitement légitime et démocratique,  car il cherche a faire prévaloir la volonté clairement exprimée par la majorité des propriétaires riverains et des utilisateurs de l'aqueduc régional de Valcourt, puisant leur eau potable dans le Lac Bowker.

Lors d'une vaste consultation menée pendant l'été 1996, la majorité des contribuables concernés, payeurs de taxes municipales et ayant droit de vote dans les municipalités de Canton d'Orford, Bonsecours, Lawrenceville, Valcourt et Canton de Valcourt, s'était montré favorable à ce que les embarcations à moteur à essence soient interdites sur le Lac Bowker.

Depuis ce temps, de nouvelles données scientifiques émanant d'organismes tels Environnement Canada, l'Agence de la protection de l'environnement des États-Unis (EPA), n'ont fait que prouver davantage la nécessité de cette interdiction.

Effectivement, le degré de pollution extrême des moteurs à deux temps, de même que le sentiment d'insécurité attribuable au dénombrement de près de 160 embarcations à moteur sur un lac de seulement 2,3 km2 de superficie, représente une véritable menace pour la qualité du lac Bowker ainsi que pour l'intégrité physique des sportifs véritables que sont les canoteurs, nageurs, véliplanchistes, et autres adeptes de sports véritables non motorisés.

Les récents dérèglements climatiques, imputables à l'effet de serre, soit à la surconsommation de pétrole, ne font que renforcer notre conviction qu'il faut RÉDUIRE l'usage des véhicules qui gaspillent cette ressource non renouvelable.

Avant de sabrer dans l'usage des véhicules utilitaires, pour atténuer l'impact de l'activité humaine sur la faune, la flore, le climat, de même que sur la qualité de l'air et de l'eau, ne ferait-on pas mieux, au préalable, d'agir ainsi dans le cas des loisirs motorisés, dont nous pouvons plus aisément nous passer?

Voir ma page d'introduction et d'actualités